Pourquoi les personnes débordées nous impressionnent tant



Romain Zerbib


Le fait de paraître « overbooké » est un marqueur social comparable à celui de consommer des marques de luxe, selon des chercheuses américaines.



« Qu’est-ce qu’un ‘weekend’? » Violet Crawley, la comtesse douairière de Grantham, a posé cette fameuse question dans la première saison de « Downton Abbey » (série télévisée britannique, NDLR) dont l’action se déroule en 1912. La plaisanterie, évidemment, tient au fait que la comtesse est une aristocrate et ne saisit donc pas le concept d’une semaine divisée entre travail et loisirs. Dans la même veine, Thorstein Veblen, l’un des plus importants théoriciens des signes liés au statut social, suggérait en 1899 que mener une vie paisible et ne pas travailler (qu’il qualifie d’ « abstention ostensible du labeur ») était l’une des façons les plus efficaces d’afficher son statut social aux yeux des autres. C’est logique : si vous êtes très fortuné, vous pouvez vous offrir autant de loisirs que vous le souhaitez.
 

Revenons au XXIe siècle et traversons l’Atlantique. Dans l’Amérique actuelle, se plaindre d’être affairé et de travailler tout le temps est si banal que la plupart d’entre nous le fait sans réfléchir. Si quelqu’un demande « comment ça va ? » nous ne répondons plus « ça va » ou « je vais bien, merci ». Nous répondons souvent simplement « busy! » (occupé, NDLR). Cela va bien au-delà de l’impression subjective. L’analyse d’un corpus de courriers de vacances indique que les références à « un emploi du temps de dingue » ont grandement augmenté  depuis les années 1960. De plus, les célébrités sur Twitter se plaignent publiquement de « ne pas avoir de vie » ou d’ « avoir désespérément besoin de vacances » comme le suggère notre analyse de centaines de déclarations  de personnes connues.

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Romain Zerbib