<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Revue de Management et de Stratégie</title>
  <description><![CDATA[La Revue de Management et de Stratégie est une revue académique, 100% en ligne, spécialisée en sciences de gestion. ]]></description>
  <link>https://www.revue-rms.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-13T16:59:55+02:00</dc:date>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.revue-rms.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.revue-rms.fr,2026:rss-9791373</guid>
   <title>Interview : Olivier Meier, un acteur clef de la recherche en stratégie</title>
   <pubDate>Tue, 14 Apr 2020 12:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Magazine]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous avons échangé avec Olivier Meier - professeur des universités et directeur de recherche (Lipha Paris Est) - afin d'échanger avec lui sur son parcours et ses projets. Bonne lecture !     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.revue-rms.fr/photo/art/default/9791373-15812390.jpg?v=1467630271" alt="Interview : Olivier Meier, un acteur clef de la recherche en stratégie" title="Interview : Olivier Meier, un acteur clef de la recherche en stratégie" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"><strong>Pouvez vous nous préciser vos fonctions et responsabilités à l’Université ?</strong> <br />   <br />  <strong><a class="link" href="https://olmeier.wixsite.com/professionnel">Professeur des Universités</a>  </strong>et <a class="link" href="https://cv.archives-ouvertes.fr/olivier-meier">directeur de recherche</a>  au sein du laboratoire interdisciplinaire d’études Politiques de Paris (LIPHA), j’enseigne à l’<strong>Université Paris Est, Paris Dauphine et Sciences Po Paris</strong>, et dirige un Master 2 et deux licences dans les domaines de la stratégie et du management. Je suis également co-responsable des applications professionnelles&nbsp; - diagnostic et évaluation -&nbsp; au sein du Master 2 « Ingénierie Financière et Finance d'entreprise » de l’Université Paris Dauphine, en partenariat avec les équipes de gestion et associés-gérants de plusieurs institutions financières (Lazard Frères Gestion, La compagnie financière E. de Rothschild, Lyxor Asset Management…). <br />   <br />  Je suis actuellement <a class="link" href="https://observatoire-asap.org/">directeur de l'Observatoire ASAP</a>  "Actions Sociétale et Action Publique", mené dans le cadre de la&nbsp;<a class="link" href="https://www.ena.fr/Recherche/Activites-de-recherche/Chaire-innovation-publique">Chaire-innovation publique</a>  <strong>ENA - ENSCI - Polytechnique et Sciences Po Paris</strong>, et dédié à l’impact des transformations sociétales sur l’action publique. Ces transformations concernent aussi bien les questions liées au numérique, à la mondialisation, au développement économique, écologique ou social. Il est donc question ici de transformations qui, de fait, se mettent en place au sein de toutes les organisations, y compris les institutions, collectivités territoriales et organisations publiques. <br />   <br />  J’ai également été élu ou nommé dans des <strong>instances d’évaluation nationales et locales</strong> (Conseil National des Universités, Haut Conseil d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, Conseil Scientifique, Comités de sélection, Conseil de Département...) et mène depuis plusieurs années, des missions auprès de Présidences d'Université et d'organismes publics et parapublics. Enfin, je dirige <a class="link" href="https://www.editions-ems.fr/auteurs/auteur/337-meier.html">plusieurs collections</a>  au sein des Editions Management &amp; Société. <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.revue-rms.fr/photo/art/default/9791373-15812644.jpg?v=1467630325" alt="Interview : Olivier Meier, un acteur clef de la recherche en stratégie" title="Interview : Olivier Meier, un acteur clef de la recherche en stratégie" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"><strong>Quels sont vos domaines de recherche ?</strong> <br />   <br />  Je travaille sur les <a class="link" href="https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/diagnostic-strategique-competitivite-performance-et-creation-valeur">stratégies d'entreprise</a>, le <a class="link" href="https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/management-interculturel">management international</a>  et l'<a class="link" href="https://www.va-editions.fr/comprendre-la-societe-par-les-sciences-sociales-c2x35953806">apport des sciences sociales au champ de la gestion</a>. Je suis auteur d'articles dans des <strong>revues internationales de référence</strong> (<em>Journal of Business Ethics, Organizational Dynamics, Family Business Review, Small Business Economics, M@n@gement, Journal of Family Business Strategy, International Review of Administrative Sciences, Journal of Social Applied Psychology…)</em> et d'<a class="link" href="https://www.dunod.com/livres-olivier-meier">une trentaine d'ouvrages</a>  en sciences de gestion et du management. Je m'intéresse notamment aux <strong>stratégies de transformation</strong> des organisations (entreprises, associations, groupement, réseau) à l'ère de la globalisation. L'objectif est de proposer une compréhension des <a class="link" href="https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/management-du-changement-changement-culturel-et-organisationnel">mécanismes d'innovation et de changement</a>  dans les organisations, en mobilisant différents cadres théoriques et grilles d'analyse (<em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ou9hIR0mIug&amp;t=2s">Minority Influence</a>, <a class="link" href="https://www.rse-magazine.com/Michel-Callon-et-la-sociologie-de-la-traduction_a3432.html">Theory Actor-Network Theory (ANT)</a>  </em>...). <br />   <br />  Enfin, je porte un intérêt tout particulier aux <strong><a class="link" href="https://olmeier.wixsite.com/professionnel/general-5">travaux de Serge Moscovici</a>  </strong>(<a class="link" href="https://www.rse-magazine.com/Serge-Moscovici-ou-l-etude-des-minorites-actives_a3416.html">1</a>, <a class="link" href="https://www.rse-magazine.com/Serge-Moscovici-et-la-notion-centrale-de-consistance_a4685.html">2</a>, <a class="link" href="https://www.sensemaking.fr/Serge-Moscovici-de-la-deviance-a-l-innovation-minoritaire_a432.html">3</a>, <a class="link" href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01494545/document">4</a>) l'un des fondateurs de la psychologie sociale, en m'attachant à montrer ses apports dans le champ du management stratégique. J'ai beaucoup travaillé sur cette question depuis ma <a class="link" href="https://www.theses.fr/069648344">thèse de doctorat</a>  car la perspective Moscovicienne permet de mieux comprendre et éclairer la manière dont on peut créer de l'innovation stratégique dans le cadre de stratégies conjointes (fusions, acquisitions, joint-venture, coopérations) (<a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=Ou9hIR0mIug">5</a>). <br />   <br />   <br />  <strong>Nous avons vu que vous aviez obtenu plusieurs prix et distinctions ?</strong> <br />   <br />  Oui, en effet, au cours de ces dernières années, mes travaux ont été récompensés par trois associations renommées (AIMS, ABSRC, AIM..) en stratégie et management. J'ai été notamment le lauréat du <strong>prix de la « Meilleure étude empirique »</strong> pour ma communication (en coll.) sur « Le rôle du contrôle et de la force des liens dans la capacité de gestion des alliances stratégiques », décerné par le <a class="link" href="http://www.cercleinnovation.fondation-dauphine.fr/">Cercle de l'innovation I Fondation Dauphine</a>. <br />   <br />  En 2017, j'ai eu le plaisir de recevoir le <strong>Prix FBR du meilleur article</strong> <a class="link" href="https://www.prweb.com/releases/2017/07/prweb14507566.htm">(<em>Best Article Award</em>)</a>  <strong> </strong> "<em>The early succession stage of a family firm : exploring the role of agency rationales and stewardship attitudes</em>", publié dans la revue <em>Family Business Review </em>(rang A)<em> </em>et décerné par la <em>Family Firm Institute</em> à Chicago (USA). <br />   <br />  Depuis 2003, plusieurs de mes ouvrages aux éditions DUNOD ont été sélectionnés et recommandés par le<strong> Ministère de la Culture</strong>, en vue d'être diffusés dans les programmes des Universités francophones (Canada, Belgique, Suisse, Maghreb, Cameroun, Côte d'ivoire, République du Congo, Liban...). <br />   <br />   <br />  <strong>Pouvez-vous nous parler de vos coopérations et expériences à l’international ?</strong> <br />   <br />  Mon expérience internationale est déjà associée à mon parcours, puisque j’ai effectué une partie de mes études en Allemagne (Université d’Osnabrück) et au Canada (Université de Sherbrooke) dans le cadre de ma formation universitaire. Depuis, d’autres collaborations ont été initiées, compte tenu de l’importance aujourd’hui de l’international dans les activités de Recherche et d’Enseignement. <br />   <br />  Dans le domaine de l’enseignement, l’une de mes expériences récentes concerne mon rôle en tant que membre du comité de <strong>coordination scientifique</strong> d’un programme de formation continue Université Paris Est- Ministère de l'intérieur du Vietnam (cycles de conférences et de rencontres, en lien avec le service « Relations internationales » de l’Université). Ces séminaires répondaient à la volonté du gouvernement Vietnamien de mettre en place une réforme de l’État basé sur l’amélioration de la gestion des finances publiques, une réforme territoriale, et l’amélioration du fonctionnement de l’État. J’ai également été amené à développer un <strong>programme d’échange pédagogique</strong> avec les équipes de l’ESCA Casablanca, MDI Alger et ISCAE Tunis. <br />   <br />  Mais mon expérience la plus marquante concerne mes responsabilités au sein du <strong>MBA Management </strong>à destination de managers chinois, co-porté par l'université Paris Est et l'<a class="link" href="https://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/08/15/a-pekin-l-universite-de-tsinghua-mise-sur-ses-multiples-disciplines-et-son-ouverture-aux-etrangers_3461892_1473692.html">Université de Tsinghua</a>. Les enseignements dispensés dans le domaine du <a href="https://www.youtube.com/watch?v=70AQQmV1rBA&amp;t=427s">management interculturel</a> et des <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=oa5NhnPJuWY">méthodologies de recherche</a>  contribuent à mieux comprendre les problématiques liées au développement international et propose des pistes de réflexion pour travailler en contexte interculturel (codes, règles du jeu, profils attendus, stratégies d’ajustement). <br />   <br />  Au plan de la Recherche, outre mes activités de conseiller scientifique et d'évaluateur, je travaille depuis plusieurs années avec les équipes du <strong>centre européen</strong> d’<strong><a class="link" href="https://www.hbs.edu/global/about/Pages/europe.aspx">Harvard Business School</a>  </strong> autour des questions de globalisation, de gouvernance et de management international (<a class="link" href="https://www.cairn.info/management-interculturel--9782100788897-page-274.htm">1</a>, <a class="link" href="https://www.erudit.org/fr/revues/mi/2010-v15-n1-mi3997/">2</a>, <a class="link" href="https://management-aims.com/index.php/mgmt/article/view/4073">3</a>). J’ai également mené des <strong>recherches à l’international</strong>, avec les équipes de l'Institut de Recherche sur les PME à l’Université du Québec (UQTR) sur l’entrepreneuriat. De plus, j’ai mené une <strong>étude internationale</strong> sur la culture et l’éthique au Japon, à travers l’analyse des pratiques des grandes entreprises et institutions nippones, en collaboration avec des équipes de recherche de l’Université de Keio (Japon) et de la Faculté de Gestion de Beyrouth (Liban). Nous avons d’ailleurs publié un <a class="link" href="https://www.vapress.fr/shop/Culture-Ethique-Regard-sur-le-Japon-et-les-grandes-entreprises-japonaises_p1.html">ouvrage sur ce thème</a>  aux éditions VA Press. <br />   <br />   <br />  <strong>Quels sont vos projets de recherche futurs ?</strong> <br />   <br />  Je souhaite tout d'abord poursuivre mes recherches dans le champ des fusions-acquisitions (<a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=7R5kIWKJLKc">1</a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=OeaKeibN8Yk&amp;t=7s">2</a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rPcbQCCo8i0&amp;t=49s">3</a>)&nbsp; et du management international (<a class="link" href="https://www.carnetsdubusiness.com/Perspectives-de-recherche-en-Management-international-1_a1293.html">4</a>, <a class="link" href="https://www.carnetsdubusiness.com/Perspectives-de-recherche-en-Management-international-2_a1292.html">5</a>) et approfondir dans le cadre de mes encadrements de thèse et d'HDR, la question des méthodes de recherche en management (<a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=oa5NhnPJuWY&amp;t=45s">6</a>) <br />   <br />  J'ai également initié d'autres projets en collaboration avec de nouveaux partenaires et mon laboratoire de recherche. <br />   <br />  Le premier concerne l’étude du développement du cluster logistique de Sénart Paris Sud, à travers l’analyse des stratégies d’acteurs publics-privés (acteurs politiques locaux, entreprises de logistique et services associés, grande distribution, associations (Afilog), centres de formation). Il s’agit ici voir de quelle façon des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1G2r6EluqW8&amp;t=1s">acteurs de cultures et de légitimités différentes</a>, peuvent se coordonner et s’agencer dans le cadre d’un mode de gouvernance adapté et développer ensemble des relations de coopérations au sein d’un territoire. <br />   <br />  J’ai également comme projet, d’étudier les spécificités des <a class="link" href="https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/strategies-croissance-fusions-acquisitions-alliances-strategiques">stratégies de croissance</a>  des PME-PMI dans un contexte de globalisation. Plus précisément, nos recherches visent à étudier de quelle manière face à la concentration des marchés, certaines structures de taille modeste peuvent encore se développer autour d’avantages spécifiques (proximité, innovation relationnelle, innovation et RSE, stratégies collectives...) et faire face au modèle de la firme globale financiarisée. Nos travaux invitent à repenser les voies et modes de développement à la disposition des organisations de dimensions réduites (taille, effectifs, ressources), pour maintenir leurs activités sur la scène internationale, tout en restant en accord avec leurs culture et système d’organisation. <br />   <br />  Le dernier projet est de nature transversale et transdisciplinaire, puisqu’il s’agit d’aborder et d’analyser les questions de choix et stratégies d’acteurs en matière de droit international, à travers l’exemple des <a class="link" href="https://www.erudit.org/en/journals/mi/2018-v22-mi04797/1062493ar/abstract/">contrats extractifs internationaux</a>, et de voir à l’appui des <a class="link" href="https://www.rse-magazine.com/W-Richard-Scott-et-les-systemes-d-organisation_a3419.html">travaux de W. Richard Scott</a>, que contrairement à ce que l’on pourrait penser, la réalisation de ces transactions relève davantage d’un modèle naturaliste et ouvert (approche politique et institutionnaliste) que d’une démarche rationaliste et objective. Dans ce domaine, les jeux d’influences et les communautés de pratiques revêtent un rôle majeur. En effet, les praticiens et les entreprises signataires de ces contrats sont avant tout influencés par leur environnement, les pratiques de la communauté extractive et le contexte social et culturel des négociations. <br />   <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pour aller plus loin</b></div>
     <div>
      Interviews et chroniques (vidéos): <br />  <a class="link" href="https://www.xerficanal.com/rechercher/olivier+meier">https://www.xerficanal.com/rechercher/olivier+meier</a>  <br />  <a class="link" href="https://fnege-medias.fr/rechercher/?_format=dico&amp;_auteurs=meier-olivier">https://fnege-medias.fr/OlivierMeier</a> <br />  <a class="link" href="https://www.youtube.com/channel/UCxsyd4SNFULdo_swTZehyKA">https://www.youtube.com/Chaine Stratégie &amp; Management</a>  <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.revue-rms.fr/photo/art/imagette/9791373-15812390.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.revue-rms.fr/Interview-Olivier-Meier-un-acteur-clef-de-la-recherche-en-strategie_a180.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.revue-rms.fr,2026:rss-7225791</guid>
   <title>Rencontre avec Thomas Savare, CEO d’Oberthur Fiduciaire</title>
   <pubDate>Mon, 01 Dec 2014 11:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Magazine]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   1842. C’est la date à laquelle François-Charles Oberthur, un imprimeur et lithographe d’origine alsacienne, fonde son imprimerie à Rennes. Grâce à l’impression de produits millésimés, l’entreprise acquiert une notoriété telle qu’elle sera retenue douze ans plus tard pour imprimer l’almanach des Postes. Galvanisé par cet élan, François-Charles Oberthur décide alors d’étendre le champ de ses compétences à l’impression de labeur, puis à l’impression fiduciaire (documents de sécurité et billets de banque).  Un siècle et demi plus tard, c’est cette dernière qui constitue le cœur de métier de l’entreprise, naturellement rebaptisée Oberthur Fiduciaire après la cession de son activité cartes à puce, en 2011. Recentrée sur l’impression fiduciaire, l’entreprise travaille désormais pour 70 banques centrales à travers le monde et a acquis un statut de sérieux challenger au fil du temps, jusqu’à se hisser dans le top 3 mondial. Mais Thomas Savare, nommé Directeur général d’Oberthur Fiduciaire en 2008, le sait mieux que quiconque : le leadership est un capital qui se cultive.     <div><b>Vous êtes diplômé de Centrale Paris. Qu’est-ce qui amène un ingénieur à faire carrière dans l’impression fiduciaire ?</b></div>
     <div>
      <em>Thomas Savare :</em> Probablement sa vocation industrielle&nbsp;! L’Ecole Centrale de Paris a ceci de très particulier qu’elle forme des ingénieurs, tout en leur inculquant une forte culture entrepreneuriale. Il n’est donc pas rare de trouver des Centraliens à des postes de management, plus spécifiquement dans l’industrie au sens large. Je vois deux autres raisons à cela. D’abord, l’impression fiduciaire est un métier qui mêle dimension artisanale et intégration de technologies de pointe. Ensuite, elle un métier gouverné par un défi technique permanent&nbsp;: celui d’avoir plusieurs longueurs d’avance sur les contrefacteurs. L’impression fiduciaire est un métier passionnant pour un ingénieur, à condition qu’il aime le challenge&nbsp;!&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le design occupe également une place prépondérante dans le cœur de métier d’Oberthur Fiduciaire. L’impression fiduciaire n’est pourtant pas un métier de créatifs…</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.revue-rms.fr/photo/art/default/7225791-11093224.jpg?v=1417429162" alt="Rencontre avec Thomas Savare, CEO d’Oberthur Fiduciaire" title="Rencontre avec Thomas Savare, CEO d’Oberthur Fiduciaire" />
     </div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>C’est en tout cas un métier qui demande un sens de l’esthétique très poussé, tout particulièrement en ce qui concerne les billets de banque. Grâce à l’expertise que nous avons développée au fil du temps auprès de banques centrales du monde entier, nous percevons combien la symbolique véhiculée par un billet de banque est importante aux yeux de nos clients. Un billet de banque est un élément constitutif de l’identité d’une nation. Il doit refléter une histoire, une culture, un socle de valeurs communes, et des symboles de fierté nationale tels que d’illustres personnages ou des monuments qui font sens dans l’esprit des citoyens. D’une certaine manière, c’est aussi un instrument de cohésion d’une nation. <br />   <br />  Peut-être son usage quotidien en fait-il oublier la richesse. Pour s’en rendre compte, ou simplement s’en rappeler, il suffit d’observer un billet de banque par transparence, à la lumière. On comprend alors ce que le «&nbsp;sens du détail&nbsp;» veut dire&nbsp;! Et c’est sans compter les éléments invisibles à l’œil nu, destinés à la lutte anti-contrefaçon. Chaque imprimeur a son propre style.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Et le style d’Oberthur Fiduciaire, plus spécifiquement, d’où provient-il ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>L’héritage industriel légué par la famille Oberthur n’est pas anodin. L’histoire d’Oberthur est ponctuée d’anecdotes qui témoignent de la réputation de l’entreprise en matière de raffinement et de qualité d’impression. Déjà au XIXème siècle, par exemple, Oberthur éditait l’Almanach des Postes distribué dans les foyers français. Un peu plus tard, l’entreprise éditait le <em>Répertoire des Couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits. </em>Ce dernier exemple est probablement l’un des savoir-faire les plus emblématiques dont nous avons hérité en matière de teintes. <br />   <br />  Joseph Oberthur, - le petit-fils du fondateur, François-Charles Oberthur -&nbsp; était également un dessinateur animalier d’exception. A croire que l’esthétique était ancré dans les gênes de la famille. Aujourd’hui encore, nous cherchons à cultiver ce sens de l’esthétique, et le mettons au service des cultures du monde entier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le principal site de production d’Oberthur Fiduciaire est ancré à Rennes, depuis plus d’un siècle et demi. Comment expliquer cette fidélité au territoire ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Il faut voir dans toute entreprise, <em>a fortiori</em> séculaire, un écosystème qui s’est renforcé et enrichi au fil du temps et des expériences, et qui a densifié les interactions en son sein, comme avec son milieu. Une entreprise est un système humain ouvert, en interaction avec son milieu. Chercher à la déraciner pour la «&nbsp;transplanter&nbsp;» serait à mon sens une grave erreur. Cela affecterait la culture d’entreprise, diluerait son histoire et fragmenterait son identité. Au contraire, ce qu’exporte une entreprise comme Oberthur Fiduciaire, c’est aussi sa légende, son image de marque. L’entreprise fut fondée en Bretagne par François-Charles Oberthur et son petit-fils - Joseph Oberthur - est décédé en 1956 dans la maison familiale de Cancale, non loin de Rennes. Je suis convaincu que l’entreprise est «&nbsp;imprégnée&nbsp;» de cette histoire locale, et que cela concourt à inspirer nos collaborateurs&nbsp;!
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Puisque vous faites référence à l’histoire : dans les années 60, Ceslaw Bojarski dit « le Cézanne de la fausse monnaie » était un faussaire reconnu pour contrefaire des billets de banque avec une remarquable précision. La contrefaçon est-elle véritablement une question de talent ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Avec la montée en puissance des moyens informatiques, la démocratisation de moyens d’impression très performants et des outils de CAO, c’est de moins en moins une question de talent pur. Le temps des «&nbsp;artistes&nbsp;» qui travaillaient dans le fond d’un garage est révolu. Les faussaires se sont professionnalisés et organisés.&nbsp; A tel point que derrière chaque réseau de faussaires, on trouve forcément des ingénieurs. C’est ce qui explique que nous cherchons en permanence à préserver une bonne longueur d’avance technologique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La R&D tient donc une place essentielle dans votre métier ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Nous dépensons environ 5% de notre chiffre d’affaires en R&amp;D, en effet. Nous déposons régulièrement de nouveaux brevets couvrant les technologies que nous mettons en œuvre, en particulier dans deux champs de R&amp;D&nbsp;: la sécurité (avec les technologies anti-scanner ou les patchs à effets optiques par exemple), et la durabilité du billet de banque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans leurs appels d’offres internationaux, comment les banques centrales départagent-elles les candidats ? Les conditions d’attribution des marchés sont-elles toujours les mêmes ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>La qualité du design est l’un des principaux critères évalués par l’entité adjudicatrice. Mais c’est un critère éminemment subjectif, qui ne suffit pas en soi à déterminer la qualité d’une candidature. Ainsi, les technologies de sécurité intégrées, la durée de vie du billet ou sa composition entrent en jeu. On ne travaille pas uniquement la surface et la texture du billet&nbsp;: nous faisons également un travail en profondeur, sur la matière. <br />   <br />  Pour bien comprendre les enjeux de ces appels d’offres internationaux, il faut se pencher sur l’origine du mot «&nbsp;fiduciaire&nbsp;», qui provient du latin <em>fiducia</em>, et signifie «&nbsp;confiance&nbsp;». Cela reflète bien les contraintes opérationnelles des imprimeurs privés&nbsp;: les banques centrales font appel à des imprimeurs privés pour leur fournir un support qui véhicule un sentiment confiance, au-delà de sa simple valeur faciale. Ce n’est pas sans raison si le directeur d’une banque centrale appose toujours sa signature sur les nouveaux billets de banque lorsqu’ils sont mis en circulation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>D’ailleurs, outre les billets de banque, vous éditez également des documents sécurisés comme les registres civils, les timbres fiscaux ou les documents douaniers, entre autres. Parlez-nous de cette activité.</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Effectivement, nous produisons de nombreux documents sécurisés pour les gouvernements. Cette activité aussi nous amène à travailler dans le monde entier, et particulièrement dans les pays émergents qui sont pour nous d’importants relais de croissance. Pour vous donner un exemple concret de cette activité, nous avons récemment participé au programme de sécurisation des documents cadastraux, fonciers et domaniaux pour l’Etat tchadien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelles sont les relations opérationnelles que vous entretenez avec vos clients ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>En amont, elles commencent par l’attention très poussée que nous accordons à la compréhension des besoins du client. Ce discours peut paraître galvaudé, mais dans notre secteur il est fondamental de tenir compte de considérations culturelles, de contraintes de sécurité, des usages en vigueur… Nous avons la volonté d’offrir à nos clients des solutions sur-mesure, et c’est la raison pour laquelle nos équipes de R&amp;D travaillent en étroite collaboration avec nos équipes commerciales dans la conception de l’offre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Oberthur Fiduciaire réalise donc la quasi-totalité de son chiffre d’affaire à l’export. Diriez-vous que l’internationalisation est inscrite dans les gènes de l’entreprise ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Elle l’est d’autant plus depuis 2013. L’année dernière, nous avons créé une joint-venture à Sofia, avec l’Imprimerie de la Banque Nationale Bulgare. Cette entité, que nous contrôlons à hauteur de 70%, est un investissement productif qui nous permet de soutenir la cadence de production et d’adresser de nouveaux marchés. En 2012, nous avons livré un volume record de 4,2 milliards de billets de banque. Historiquement, nous avons toujours détenu une position forte&nbsp; en Europe. Aujourd’hui, nous réalisons d’importants efforts d’investissement sur les marchés émergents. Cela ne remet nullement en cause l’ancrage d’Oberthur Fiduciaire en France, qui représente plus de 800 emplois industriels. Je dirais même que notre performance conforte cet ancrage, car notre renommée à l’international doit beaucoup à la <em>french touch </em>que nous cultivons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comprenez-vous notre étonnement quant au fait que, pour assurer les conditions de votre croissance, vous avez extrait l’entreprise de la bourse en 2008 ? Etait-ce par crainte d’une OPA ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Nous avons un rythme de croissance fort, mais stable. D’ailleurs, en dehors de quelques effets résiduels de la contraction du crédit, nous n’avons pas été impactés par la crise. En 2008, nous avons simplement estimé que la bourse ne répondait pas à nos besoins de financement. Cette décision n’a jamais été motivée par la crainte d’une OPA, puisque nous détenions déjà 70% du capital à l’époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La sécurisation du transport de fonds est un autre savoir-faire que vous avez développé à travers la filiale Oberthur Cash Protection. Est-ce là une stratégie de transversalité, afin de vous positionner en interlocuteur unique tout au long du cycle de vie du billet de banque ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>C’est plutôt par volonté d’exploiter pleinement notre potentiel technologique. Oberthur CP conçoit par exemple des valises piégées qui maculent les billets d’une encre spéciale en cas d’agression ou de vol. Nous étions naturellement prédisposés à développer cette technologie, au regard de notre expertise dans la fabrication de billets. Ces solutions connaissent un succès grandissant dans le transport de fonds et la protection des DAB, compte tenu de leur vocation dissuasive&nbsp;: ils font tout simplement disparaître les bénéfices du vol en rendant les billets inutilisables. Cette technologie est déjà très utilisée en France, et généralisée en Belgique où le transport de fonds fut longtemps en proie à de violentes agressions. Ces attaques de transport de fonds ont quasi disparu&nbsp;en Belgique de nos jours.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelles sont, selon vous, les qualités que doit avoir un dirigeant pour piloter efficacement une entreprise industrielle ?</b></div>
     <div>
      <em style="line-height: 25.6000003814697px;">Thomas Savare :&nbsp;</em>Pour l’essentiel, il doit avoir une connaissance très fine des métiers et des process. A ce titre, l’actualité économique nous montre régulièrement que les conseils d’administration nomment d’anciens COO à des postes de CEO. Lorsqu’il accède aux responsabilités, il est souvent très bien placé pour transformer une stratégie en réalité opérationnelle. <br />   <br />  Mais il doit aussi connaître l’entreprise, ses hommes et ses femmes, son héritage, ses compétences. Un cœur de métier est un précieux atout lorsqu’il est transmis de générations en générations, car il s’enrichit de l’expérience. Pour citer Nicolas Boileau&nbsp;: «&nbsp;vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage&nbsp;»&nbsp;! C’est au prix de l’excellence que l’industrie française pourra continuer d’exister, et refléter à l’international la qualité de nos ingénieurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.revue-rms.fr/photo/art/imagette/7225791-11093224.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.revue-rms.fr/Thomas-Savare-oberthur-fiduciaire/</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
