Christophe ASSENS
Professeur en sciences de gestion
Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines
Chercheur au LIMEEP-PS
Chercheur associé à l’ISG lab — Paris Business School
Chercheur associé au CERGO de l’ENAP Québec
Mail : christophe.assens@uvsq.fr
François GERBER
Avocat au barreau de Paris — Docteur en sciences de gestion
Mail : cabinet.gerber@wanadoo.fr
Résumé : Philosophe engagée, Simone Weil décide d’éprouver la condition ouvrière en travaillant dans les usines Renault et Alsthom [1] en France dans les années 1930. À travers son vécu, elle met en évidence les limites de la mise en application de l’organisation scientifique du travail dans le secteur privé : l’absence ou la médiocrité de la formation des ouvriers ; l’absence de suivi des personnels par des contremaîtres ; le manque d’entretien d’un matériel de production vétuste ; l’insuffisance des consommables qui génèrent un ralentissement de la production ; le conflit de rôle entre les salariés. Cette vision humaniste du travail masque les exigences économiques de la production industrielle de masse, pour maîtriser la qualité, faire baisser les coûts et préserver le pouvoir d’achat. Elle explique l’aversion pour le travail industriel en France, sans mesurer les conséquences sociales que comporte la démission intellectuelle face aux réalités économiques.
Mots clés : Philosophie, organisation scientifique du travail, industrie, Renault, Alsthom.
Abstract: A committed philosopher, Simone Weil decided to experience the working-class condition firsthand by working in the Renault and Alstom factories in France during the 1930s. Through her experience, she highlighted the limitations of implementing scientific management in the private sector: the lack of or inadequate training for workers; the absence of supervisory oversight; the poor maintenance of outdated production equipment; the shortage of consumables that slowed production; and the conflict of roles among employees. This humanist vision of work masked the economic demands of mass industrial production, driven by the need to control quality, reduce costs, and preserve purchasing power. She explains the aversion to industrial work in France, without fully grasping the social consequences of this intellectual abdication in the face of economic realities.
Key Words : Philosophy, scientific organization of work, industry, Renault, Alsthom.
Professeur en sciences de gestion
Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines
Chercheur au LIMEEP-PS
Chercheur associé à l’ISG lab — Paris Business School
Chercheur associé au CERGO de l’ENAP Québec
Mail : christophe.assens@uvsq.fr
François GERBER
Avocat au barreau de Paris — Docteur en sciences de gestion
Mail : cabinet.gerber@wanadoo.fr
Résumé : Philosophe engagée, Simone Weil décide d’éprouver la condition ouvrière en travaillant dans les usines Renault et Alsthom [1] en France dans les années 1930. À travers son vécu, elle met en évidence les limites de la mise en application de l’organisation scientifique du travail dans le secteur privé : l’absence ou la médiocrité de la formation des ouvriers ; l’absence de suivi des personnels par des contremaîtres ; le manque d’entretien d’un matériel de production vétuste ; l’insuffisance des consommables qui génèrent un ralentissement de la production ; le conflit de rôle entre les salariés. Cette vision humaniste du travail masque les exigences économiques de la production industrielle de masse, pour maîtriser la qualité, faire baisser les coûts et préserver le pouvoir d’achat. Elle explique l’aversion pour le travail industriel en France, sans mesurer les conséquences sociales que comporte la démission intellectuelle face aux réalités économiques.
Mots clés : Philosophie, organisation scientifique du travail, industrie, Renault, Alsthom.
Abstract: A committed philosopher, Simone Weil decided to experience the working-class condition firsthand by working in the Renault and Alstom factories in France during the 1930s. Through her experience, she highlighted the limitations of implementing scientific management in the private sector: the lack of or inadequate training for workers; the absence of supervisory oversight; the poor maintenance of outdated production equipment; the shortage of consumables that slowed production; and the conflict of roles among employees. This humanist vision of work masked the economic demands of mass industrial production, driven by the need to control quality, reduce costs, and preserve purchasing power. She explains the aversion to industrial work in France, without fully grasping the social consequences of this intellectual abdication in the face of economic realities.
Key Words : Philosophy, scientific organization of work, industry, Renault, Alsthom.
[1] C’est en 1928 que la société Alsthom (à l’origine, le nom de l’entreprise s’écrit avec un « h »), est fondée à partir de la fusion de la société alsacienne de construction mécanique (SACM) et de la compagnie Thomson-Houston (filiale française du groupe américain General Electric). L’intitulé de l’entreprise est issu de la contraction d’Alsace (Als) et de Thomson (Thom).




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